Cette barre se regarde des extrémités vers le milieu. Au centre, les éléments s'organisent à l'image d'une Rolex GMT (GMT pour Greenwich Mean Time) dans son étui d'origine tout en vert et jaune.
Jadis, une montre-bracelet n'avait pas de sens, on n'emportait pas le temps avec soi, une horloge était fixe, comme un cadran solaire, synchronisé avec le soleil, au zénith, à midi. Aussi, dans le temps, à pied ou à cheval, n'y avait-il pas, pour le voyageur, d'autre heure que celle de ses escales et de sa destination. C'est l'arrivée du chemin de fer, qui créa le besoin d'horaires relatifs à un temps commun.
De nos jours, un avion, traverse une succession de zones, comme le chevalier d'autrefois. Cependant, la vitesse, bien plus élevée, a crée le besoin de connaître simultanément l'heure du lieu de décollage et celle du lieu de destination. La Rolex GMT fut conçue pour les pilotes de la Pan Am ; c'est une montre, qui, via une lunette tournante, rouge et bleue, leur donnait au même moment l'heure en Europe et à New York.
La conception d'une montre est intimement liée à la perception du temps. Une montre est la contexture d'un temps aussi construit que la montre elle-même. Sur cette barre, le cadran noir du centre est sans aiguille, il ressemble à un tableau noir prêt à se remplir d'équations, parce que la raison d'être d'une montre mécanique, c'est autant une question de philosophie que d'ingénierie. La mécanique de la Rolex traverse le temps sans électronique digitale. Ce qu'elle reflète au poignet n'est pas une adhésion à de l'électronique céleste mais à de la mécanique céleste. Nul doute que le voyageur du futur portera au poignet une Rolex, qui, avec élégance et précision, lui indiquera l'heure galactique de la voie lactée.

Peter Larsen
Rolex,
carton et papier,
10 x 10 x 100 cm.


Peter Larsen,
5 avenue des Mousquetaires,
06100 Nice

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