Peter Larsen pour Hédiard et Les Galeries Lafayette
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Chapitre 1. Pendant la lecture d'un livre, on se visualise le récit comme un film. Chacun y voir un film légèrement différent, de même que si on relit un livre celui-ci se révèle à chaque lecture, comme un film un peu différent. Si entre chaque relecture d'une même histoire, on prend plus de conscience du sens des mots et de la technique de la narration, on amplifie ce phénomène.
L'univers est une histoire quasi statique écrite d'ondes et de molécules. L'univers actuel est différent de celui de nos ancêtres seulement parce que de génération en génération la conscience accrues des phénomènes enrichit la relecture.
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Peter Larsen
Chocolats Fins Assortis, Hédiard
Carton et papier
10 x 10 x 240 cm.
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fig. 1. Les rayures sont symétriques dans sept parties individuelles pour souligner la vision de rangées. Dans les parties au couleurs identiques (parfum identique) les rayures donnent des sensations différentes. Le rouge intense au milieu s'estompe vers les extrémités comme un chocolat qui fond dans la bouche.
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Chapitre 2. Quand on est adolescent, on écoute de la musique, qui aussi bien qu'un livre, évoque un monde à venir. Si adulte, ce monde ne se réalise pas, on se dit qu'on se fait happer par la réalité, après quoi la musique de l'adolescence se change de promesse, en nostalgie et en distraction.
La réalité statique de l'age adulte redevient dynamique si on l'embrouille avec l'information et la science la plus ressente. Je ne dissocie pas l'univers de mon travail de celui de la science et travaille avec la même attitude envers la réalité que celui d'un philosophe ou d'un physicien.
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Peter Larsen
Coing, Confiture Extra, Hédiard
Carton et papier
10 x 10 x 120 cm.
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fig. 2. Le coing est représenté au milieu comme sur l'étiquette. Rythme et couleur donne l'impression que l'orange continue sous le rouge et que tout émerge du centre. Les bouts sont fermés par un gros trait noir semblable au couvercle du pot.
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Chapitre 3. Le début de la vie est quasi inconscient. Petit a petit l'instinct s'estompe pour une attitude consciente. On ne réagit plus sur un stimulus direct, l'univers ne s'arrête plus aux stimuli, mes à l'image issus des stimuli, les stimuli deviennent comme des mots dans un livre. Pendant la projection d'un film, on à pas conscience que l'espace continue derrière l'écran, il en est de même pour la réalité. La conscience de la technique cinématographique pendant la projection d'un film peut nuire à rentrer dans l'histoire, mais celui qui fait des films ne peut en faire l'abstraction. Comprendre le mécanisme sous-jacent du cinéma où de la réalité fait craindre au public de perdre la magique et la poésie, mais la science ne détruit que l'ignorance pas le mystère. La connaissance ne fait que changer, la réalité comme le cinéma, d'empreinte statique en expression dynamique.
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Peter Larsen
Pâtes de Fruits, Hédiard
Carton et papier
10 x 10 x 240 cm.
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fig. 3. J'ai employé beaucoup de couleurs pour créer un effet arc-en-ciel dramatisé par un contraste clair-obscur du centre vers les bouts, ensuite j'ai rajouté l'inévitable avance du fond blanc au fur et à mesure que l'on mange les pâtes de fruits.
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Chapitre 4. Le monde de demain se fait avec ce que nous avons aujourd'hui, en changeant le regard sur les choses. Aucun travail autre qu'intellectuel n'a été entreprise pour changer la terre plate en une terre ronde. Passé, présent et futur, se lisent en relisant le même livre, avec un regard changé. En regardant un film on peut par déduction prendre conscience des sous-jacente techniques d'enregistrement et de projection. En cherchant les modalités de la réalité on crée la nouvelle. Sur la terre plate il y a long temps un Grec se réalisa, que la terre était ronde, sans pouvoir le montrer à ces contemporains. Il n'avait découvert aucun phénomène nouveau, il s'était seulement fait une image différente de ce qu'il voyait, une image non pas à regarder mais à comprendre. |
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Peter Larsen
Champagne Hédiard
Carton et papier
10 x 10 x 120 cm.
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fig. 4. Sur toute la longueur, une bande sur deux semble noire, ce qui donne une impression de champagne qui coule en deux cascades verdâtres. Le papier métallisé et noir profond créent à l'image du champagne un contraste élégant.
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Chapitre 5. Mon chat ne fait pas comme moi, une différence entre le bruit d'un marteau-piqueur et d'un orchestre symphonique. Il n'a peut-être pas tort, il y a des gens qui les juges pareils, mais mon éducation musicale me fournit un code pour percevoir la musique comme une lecture, comme une narration. J'en doute qu'un ingénieur de marteau-piqueurs possède aussi un code qui change le bruit des marteau-piqueurs en symphonie. La réalité est ainsi dans toutes les directions, une succession sans fin de strates, des images claires et nettes qui en les étudiant deviennent une brume qu'on traverse jusqu'à l'image suivante. |
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Peter Larsen
Moutarde de Dijon extra forte de chez Hédiard
Carton et papier
10 x 10 x 120 cm.
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fig. 5. Contrastes forts pour moutarde forte. Presque le code barre du Bauhaus, noir et blanc avec un peu de rouge, à consommer les bouts trempés dans la moutarde.
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Chapitre 6. Un chef de cuisine va au marché, il s'inspire de ce qu'il y trouve, un légume, un fruit, un poisson. Dans sa cuisine, il cuit, il goûte, il cherche, il trouve, mais ce n'est pas fini, il faut aussi donner une forme à sa trouvaille, dresser une assiette qui donne envie de goûter sa recherche. À cela se rajoute, d'où viens ses motivations, le rapport entre sa recherche, son inspiration et son vécu. Le travail fini comporte ainsi plusieurs strates, le nom au plat donne la réplique, on passe par la vision vers le goût, par le goût on rentre dans l'écriture du chef. Arriver à l'ultime strate de l'oeuvre se fait idéalement par une dégustation en présence du chef.
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Peter Larsen
Foie Gras Truffé de chez Hédiard
Carton et papier
10 x 10 x 120 cm.
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fig. 6. Sans défendre particulièrement le minimalisme je trouve une certaine élégance à quelques choses de complet crée avec un minimum d'éléments. Il y a dans cette image seulement trois couleurs réparties dans un code on ne peut plus simple avec une bande sur deux en noir. Le produit et la marque se confondent dans une image à la fois esthétique et intrigante. |
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Chapitre 7. Mon travail est un travail de reliure, de collage de carton et de papier, subjectif, expressif, et décoratif. On peut dire que c'est la reliure d'une histoire écrite avec des lettres comme, Piet Mondrian, Max Bill ou bien Donald Judd. C'est aussi une image codée de couleurs, de mes choix et des mathématiques. Même s'il ressemble peu au Bescherelle le code de mon travail est comme une grammaire de la perception. Bien entendu la réalité se voit très bien sans conscience d'un code sous-jacent, tout comme n'importe quelle langue se parle sans notion de grammaire. Mais comme le linguiste qui cherche élégance et beauté et dans une synergie de langue et structure, je le cherche dans le mécanisme qui gère l'image de la réalite.
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Peter Larsen
Hédiard, Place de la Madeleine
Carton et papier
10 x 10 x 240 cm.
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7. La quelque peu sinistre église de la place Madeleine au centre contrasté des doubles baldaquins de l'entrée de chez Hédiard garni de quelques boiseries vernis miel pour une ambiance attirante et chaleureuse. Les bouts sont de nouveau la rue avec son trafic, ses lignes blanches et ses passages cloutés. |
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