Cette œuvre est en papier et en carton gris, les mêmes matières que celles d'un livre. Pourtant il ne s'agit pas d'un livre, il n'y a pas de lettre, son contenu ne se lit que dans les couleurs et dans le rythme des bandes. Aux extrémités, elle est grise, c'est une barre grise à propos de la matière grise.
La matière grise est une partie du cerveau, qui doit son nom à sa couleur. La matière grise ressemble à de la pâte à papier, tout ce que nous enregistrerons avec nos cinq sens s'enregistre dans cette matière. La perception de rythme et de symétrie et des couleurs est une prise de conscience dans cette matière. Le temps et la conscience font de la matière grise le livre de notre vie. Pourtant, de l'extérieur, cette matière est homogène, sans transparence, elle ne se lit que par nous-même.
Mon chat ne verrait aucune différence entre cette œuvre et une vielle branche, il n'y verrait qu'une forme creuse. La conscience permet de voir dans cette œuvre, outre de la cellulose, une sorte de symphonie visuelle. Une symphonie qui va crescendo du grisâtre vers le rouge puis le rose vif, comme une pensée qui se forme. Une pensée en couleurs, qui semble plus proche que le fond marbré. Au milieu, des bandes cuivrées, comme conductrices d'un flux invisible de la pensée.
Pense, pense, pense, c'est la formule de Winnie l'ourson pour activer la matière grise. Pensez, pensez, pensez, et imaginez-vous cette œuvre comme un miroir, comme un reflet de la beauté intérieure de votre matière grise.