Quand j’ai voyagé pour la première fois à Madagascar, la chose qui m’a le plus impressionné, c’est de découvrir de nouvelles espèces de plantes qui étaient comme  » sœurs  » des plantes que je connaissais en France. Profane, alors que je ne connaissais pas trop Darwin, j’ai repensé à cette théorie.

La théorie de Darwin, encore appelée théorie de l’évolution des espèces ou théorie de la sélection naturelle stipule que les espèces animales et végétales développent de nouvelles facultés en vue de s’adapter aux changements, qui interviennent dans le milieu dans lequel elles se développent.

Cette théorie soutient également que les espèces les moins adaptées à un milieu donné disparaissent au profit d’espèces plus adaptées. Ainsi les espèces que nous observons aujourd’hui proviennent d’une longue série d’évolutions induites par la nécessité de s’adapter aux conditions écologiques et climatiques.

Par ailleurs, les différentes glaciations qui ont émaillé l’histoire de notre planète ont conduit à l’extinction des espèces qui n’ont pas pu développer d’aptitudes à résister aux basses températures. Pour survivre, certaines espèces ont dû entamer de vastes migrations.

De même l’instinct de survie qui habite tous les êtres vivants les a conduits à développer des stratégies d’adaptation aux fluctuations de leurs milieux de vie. Cette faculté d’adaptation est donc à l’origine de la diversité et de la répartition géographique des espèces sur terre.

Une plongée dans le passé géologique de la terre

Madagascar est connue pour sa diversité biologique. La Grande Île, comme on l’appelle, regorge d’un nombre impressionnant d’espèces. Certaines d’entre elles sont endémiques, c’est-à-dire qu’on ne les trouve nulle part ailleurs.

Pour comprendre ce fait, il faut remonter l’histoire de la Terre. A une époque très reculée, il n’existait qu’un seul continent nommé la Pangée. Les espèces animales y étaient reparties d’une façon plus ou moins homogène.

Peu à peu, l’activité sismique a conduit à une fracturation de ce continent. Les morceaux issus de cette fragmentation ont peu à peu dérivé et la mer s’est insinuée entre les différentes plaques. C’est ce que les paléontologistes ont appelé  » la dérive des continents « .

Les animaux qui vivaient sur la Pangée ont été séparés les uns des autres et ont été soumis à des conditions climatiques et écologiques différentes. Soumis à des conditions différentes ces mêmes animaux ainsi ont évolué en développant des caractères génotypiques et phénotypiques différents. On a assisté à ce qu’on appelle une  » évolution séparée « .

Une séparation salutaire

Lors de sa séparation d’avec le continent africain, il y a des millions d’années de cela, Madagascar abritait un certain nombre d’espèces semblables à celles qu’on trouvait sur le continent africain à cette époque.

L’évolution séparée a conduit à l’apparition d’espèces uniques en leur genre. L’un des cas les plus remarquables est celui des lémuriens, qu’on ne trouve qu’à Madagascar. Ces primates sont les cousins des singes qu’on trouve en Afrique.

Les conditions climatiques et écologiques particulières de la Grande Île ont conduit à cette évolution particulière. De même, les différentes espèces qui constituent les familles taxonomiques d’aujourd’hui proviennent en réalité d’évolution séparée à partir de quelques espèces.

La théorie de Darwin m’a ainsi permis de comprendre la diversité biologique de Madagascar. Elle m’a aussi permis d’être plus sensible à la préservation de cette diversité. Et là, c’est devenu évident, aujourd’hui je suis plus ouvert à la nature pour cette raison.